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Les Sadhous –Guerriers nus de l’hindouisme
Exposition de photographies d’Alain Wattellier
25 photos 20x30 sous cadres 30x40
En Inde, on appelle « sadhou »
tout homme qui abandonne les contraintes la vie sociale pour se vouer entièrement, dans la paix, la solitude et la privation, à l’union mystique avec la divinité suprême qui pénètre et anime
l’univers. Certains sadhous donnent à ce dieu unique le nom de Vishnou, d’autres l’appellent Shiva. Les sadhous shivaïtes - adeptes de Shiva - sont les plus anciens et les plus
typiques. Dans la mythologie hindoue Shiva est lui - même un sadhou divin, idéal, à la fois guide et protecteur de tous les sadhous humains qui perpétuent son culte, sur la terre, depuis la nuit
des temps.
Les sadhous shivaïtes vivent obstinément en marge et à contre-courant de la condition humaine ordinaire, en dehors de toute normalité, à la lisière de la folie mystique. Errant comme bon leur semble au sein de la nature, mendiant leur nourriture dans les villages et dans les villes, ils vont nus, le corps maculé de cendre, ou ne portant qu’une pièce de tissu ocre, la couleur sacrée du deuil et du renoncement. Leur chevelure sauvage, longue et emmêlée, pareille à celle de Shiva, proclame au monde leur statut privilégié d’êtres authentiquement libres, indomptés, plus proches des dieux que des hommes. Dans leurs yeux rougis par l’abus du haschich alternent la fulgurance et la torpeur de l’extase, qui les libère de tous les liens terrestres.
Mi - hommes, mi - dieux, les sadhous sont crédités de fabuleux pouvoirs magiques, fruits de leur pratique intensive de l’ascèse et du yoga. Faiseurs de miracles ou jeteurs de malédictions, ils sont adulés autant que redoutés par les dévots de l’hindouisme. Ils incarnent, dans la vie quotidienne du peuple indien, la présence irrationnelle, immédiate et fascinante du sacré. On les traite avec respect et dévotion, comme des « statues vivantes » de la divinité. Leur rôle est de maintenir et de transmettre à travers les âges les fondements intemporels de la mystique hindoue. Porteurs du trident, l’arme terrible de Shiva, farouches, et pourtant infiniment paisibles, ils sont les puissants gardiens de la sagesse éternelle de l’Inde, les guerriers nus de l’hindouisme.
Voilà maintenant plus de trente ans, depuis mon initiation en 1977 dans la confrérie shivaïte des Nath-Yogis, que j’explore « de l’intérieur », avec une passion toujours intacte, le monde parallèle de ces étranges « fossiles vivants de la spiritualité archaïque ».
Ces photographies, prises en 2007 à Bénarès et à Allahabad, témoignent à leur manière de mon immersion bienheureuse dans cette humanité libre, chaleureuse et fraternelle des sadhous de l’Inde, aux antipodes exacts de notre conception de l’homme et de sa destinée. Des textes explicatifs clairs et concis ont été insérés entre les photographies, afin de permettre au visiteur de « lire » l’exposition de manière instructive, simple et agréable.
Alain Wattellier
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